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Presque Moi

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Gourmandises et billets d'humeur, à Londres ou ailleurs

Wozzeck de Alban Berg à l'Opéra Bastille

Pour la première fois j'étais parmi les derniers à entrer à la Bastille. Après une excellente journée (déjeuner à la Cave de l'Os à Moëlle avec Aude et Chrisos, thé à l'Artisan de Saveurs avec Claire), j'avais du courir (ou plutôt pédaler comme une malade) pour être à 20h à l'Opéra où je devais assister à Wozzeck, de Berg. Par chance j'ai même croisé Ayrton à l'entrée, en retard lui aussi.
Je ne savais rien de l'opéra que j'allais voir, si ce n'est qu'il était contemporain. Pas le temps de lire l'introduction sur internet, c'est pas très sérieux, surtout que je ne connais pas Alban Berg...

Wozzeck fut donc créé en 1925 ; Berg s'est inspiré de la pièce - inachevée - de Georg Büchner, contemporain de Wagner et Verdi. Avec Wozzeck, Büchner (qui était révolutionnaire) écrit la première pièce de théâtre où le héros appartient au milieu ouvrier, populaire.



Tout comme la première moitié du siècle dernier marque une rupture dans l'histoire de l'Art, Wozzeck prend aussi une place particulière dans l'histoire de l'opéra. L'œuvre de Berg est difficile d'accès, déconcertante: parfois assourdissante et tonitruante, montant dans les aigus, puis enfin mélodieuse avant de redevenir chaotique. Les voix aussi semblent sur le point de déraper comme le personnage principal, en proie à la folie.
La mise en scène de Marthaler (décidément cet homme est très fort!) souligne les tourments du héros dont le comportement obsessionnel causera la perte.

L'opéra se referme sur des chœurs d'enfants, qui ont suscité chez moi tristesse et optimisme. Tristesse de voir l'enfant orphelin de mère nier la mort de celle-ci, optimisme car la folie des adultes laisse place à l'innoncence des enfants... Du moins je l'imagine...


Je complète mon article suite au commentaire d'Ayrton.
Cet opéra m'a fait penser à la guerre (1939-45 surtout), à la violence bestiale des hommes, à l'absurdité de la condition humaine, à la révolution industrielle... au point que j'imaginais l'oeuvre (et la pièce) plus tardive.
Wozzeck pense trop, lui disent son médecin (qui le prend comme cobaye!) et le capitaine. Or la pensée c'est ce qui caractérise l'homme... Ici la pensée, mêlée à la folie, conduit Wozzeck à tuer.
Bref, beaucoup de thèmes abordés plus ou moins explicitement (y compris la religion, quand Marie cite la Bible), mais une oeuvre complexe qui demande des clefs pour être pleinement appréciée. Ce que je n'avais pas...
          

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Pap' 01/04/2008 17:13

Ayrton, je n'ai pas vu l'opéra, mais ton commentaire est très convaincant. Ceci étant, nous les mecs avons sans doute les neurones moins fournis, donc plus simples ;-)))

Moi 02/04/2008 17:10


Pfffff.....


claire 01/04/2008 14:42

oh là là, je suis sure que je n'aurais pas aimé..... et pourtant j'aime l'opéra... mais j'aime me laisser porter par la mélodie, les harmonies des voix, la poésie de la musique, ...du coup, je ne suis pas sure d'apprécier Wozzeck et son "vacarme". En revanche, j'adore lire ton anylyse, c'est très enrichissant!mais j'avoue que la réflexion et les débats d'idées me séduisent plus à l'écrit, dans la lecture, la littérature, les journaux, les essais... qu'au cinéma ou à l'opéra ou au théatre....bon, je file voir le programme de l'opéra de paris!!bisousClaire

vespcondove 31/03/2008 23:46

photo et texte magnifique.dommage, il n'y a plus de place.

Moi 01/04/2008 09:35



Tu es sûr? Sur le site de l'Opéra de Paris je vois des places pour pas mal de dates et dans plusieurs catégories.



Ayrton 31/03/2008 20:39

Oan t'es la meilleure, mais ça je le savais déjà ... ;)

Moi 01/04/2008 09:32


Hi hi hi! Merci Ayrton! :)))


Ayrton 31/03/2008 19:16

En tout cas Le Monde est d'accord avec moi :http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/03/31/opera-un-wozzeck-d-anthologie_1029291_3246.html:D

Moi 31/03/2008 19:33


Merci pour le lien Ayrton!
Le Monde est aussi d'accord avec moi! (Marthaler, les interprétations vocales...). Par contre j'ai vu dans le décor et le comportement de certains personnages un symbole de l'absurde
peut être ai-je tort.

Sinon je suis super fière: j'avais fait le parallèle avec l'expressionnisme (que je déteste en peinture, pour le coup...)! Ah, c'est bon d'avoir un peu de culture! ;)