Vendredi 29 février 2008
Depuis la mi-janvier je n'étais pas retournée au Passage de Senderens dont j'avais rencontré le chef, Jérôme Banctel, au cocktail de lancement d'Apicius. 

Ayant à nouveau recommandé l'endroit à Claire et Patrice mercredi soir,
Chrisos et moi décidons d'y déjeuner jeudi. J'arrive un peu en avance, le temps de me mettre en appétit devant la carte, quand je croise le chef qui me reconnait (je suis flattée!). Nous échangeons quelques mots sur la carte avant qu'il ne retourne à ses fourneaux. Chrisos arrive, je lui fais part de la rencontre et après avoir sonné à l'interphone, nous entrons. 

Arrivés en haut des marches, on nous désigne une table côté bar, au fond, près du mur doré, ma table préférée (j'y avais déjeuné avec ma mère). La carte évoluant au gré des saisons et des idées du chef, nous en profitons pour goûter les nouveautés, dont en entrée le chaud froid de volaille et foie gras de canard. 

Alors que nous disons que décidément nous aimons vraiment cet endroit, le serveur arrive et dépose deux assiettes sur lesquelles sont déposés une langoustine croustillante (enrobée de brick), une salade de fenouil et un pot de pistou

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Nous sommes étonnés puis comprenons qu'il s'agit d'une surprise du chef… Merci! C'est DELICIEUX! Le croquant de la feuille de brick, la chair ferme de la langoustine, la douceur et le côté rond et '"gras" du pistou s'accordent à merveille tandis que le fenouil donne une touche de fraîcheur à l'ensemble. J'en profite pour préciser que je mange certaines erreurs de la nature, surtout quand elles sont aussi bien préparées. 

Notre "entrée" (chaud froid de volaille et foie gras de canard) arrive ensuite: le blanc de poulet est servi en morceaux dans une gelée avec des cœurs d'artichauts, le foie gras, excellent et à la température parfaite, en tranches. 

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Je me fais la réflexion que je ne viens pas assez souvent ici. ;) Alors que nous attendons nos plats, le serveur nous apporte un risotto aux légumes, tagliatelles de seiche et coquillages

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Devant notre air stupéfait, il demande tout sourire: "qui fête son anniversaire?" Nous sommes encore plus surpris puis rions quand nous comprenons la plaisanterie. Là aussi, c'est un régal pour les papilles: une légère touche citronnée par-ci, une note de beurre salé par-là, des lamelles de courgette encore croquante puis des grains de riz fondant… Je suis subjuguée! Notre délectation amuse d'ailleurs les serveurs. 

Nos plats arrivent ensuite: brandade de morue, petit mesclun et pomme croustillante pour Chrisos, c'est toujours frappant de voir comment un chef interprête un classique et parvient à en affiner le goût et la texture. 
Epaule d'agneau de Castille, aubergine au massala pour moi: généreux et parfumé. 

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J'adore l'agneau (la chair est délicieusement confite et se délite un peu), j'adore les aubergines et les deux imprégnés de sauce légèrement sucrée sont tout simplement parfaits. Nous sommes sur un petit nuage… 

Le serveur nous tend la carte des desserts en disant "au cas où, mais je pense qu'il a prévu quelque chose". En effet, c'est un trio qu'il nous amène: timbale de poire, glace à l'eau de noix et sauce fudge (mon préféré: du mousseux, du moelleux, du croquant et du fondant!), crème au café et quenelle de crème fouettée à la vanille et verrine de gelée de coriandre, ananas et crème fouettée parsemée d'éclats d'amande

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Pas de café pour terminer mais des mignardises: macaron chocolat-framboise, pâte de fruit ultra moelleuse à la mangue et chocolat au café. Encore mieux que dans un rêve! 

Quand nous partons Jérôme Banctel vient nous saluer, les mots nous manquent pour le remercier, nous lui disons que tout était plus que délicieux et le remercions pour ce merveilleux moment. 

En faut-il plus pour vous convaincre que Senderens est l'une des meilleures tables à Paris et son chef Jérôme Banctel un homme exceptionnel


Voilà les liens vers les articles où je parle du Passage de Senderens:
- octobre 2007:
Retour au bar le Passage de Senderens
- décembre 2007: retour au goût, retour au Passage de Senderens
- 10 janvier 2008: un Passage où l'on revient et s'attarde
- 14 janvier 2008: le Passage de Senderens, again!

Et le récit du dîner: Dîner au restaurant Senderens, ex Lucas Carton 

SENDERENS
9 place de la Madeleine
Paris 8ème
Tel: 01 42 65 22 90

Bar le Passage
 
Galerie de la Madeleine
Tel: 01 42 65 56 66
Ouvert tous les jours, midi et soir!

www.senderens.fr 
           

par Moi publié dans : Emotions gustatives
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Jeudi 28 février 2008
Dans la vie j'ai des problèmes importants et des problèmes vraiment importants. 

Par exemple, quand je marche dans certaines rues il faudrait presque que je garde les yeux fermés tellement les vitrines représentent une tentation diabolique. Or je sais que regarder c'est rentrer et rentrer c'est acheter
Ma tactique: marcher en fixant un point droit devant moi, finalement c'est plus discret que me trimballer avec des œillères. Les autres solutions c'est d'y passer à vélo: je n'ai pas le temps de regarder parce que je pédale à fond, ou bien de m'y promener en compagnie masculine (hétérosexuelle): j'ose moins faire la shopping-addict. 

Il m'arrive aussi d'être en face de dilemmes cornéliens, comme ça m'est encore arrivé avant hier soir. J'étais chez Caius (le resto, je vous raconte bientôt) et il y avait deux desserts au chocolat: un fondant & glace vanille ou une crème & glace espresso. 
Incapable de décider j'ai du m'en remettre au serveur qui m'a rappelé que leur fondant était mondialement connu (ou presque). Ouf…. Pour un peu je passais à côté! 

Il y a aussi les problèmes de style: ce pull n'est pas assorti à ces chaussures qui elles sont assorties à mon sac et de toutes façons j'ai des sous-vêtements beige donc il faut que je me change, en plus comme ça je pourrai mettre mon écharpe fétiche n°2. D'où un temps de préparation qui peut varier entre 5 et 5000 minutes selon ce qui me tombe dessus quand j'ouvre mon placard. 
3 jours c'est le minimum en prévision d'une soirée importante, vu le nombre de paramètres à prendre en compte: lieu et style de la soirée, personnes présentes, objectif à atteindre, taux d'alcoolémie envisagé, températures intérieure et extérieure probables, taux d'humidité etc.
          
par Moi publié dans : La Vénus qui est en moi
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Mercredi 27 février 2008
Vendredi soir Chrisos et moi avions rendez-vous à 21h30 avec deux amis à lui chez SCOOP. Chrisos avait réservé cette adresse suite à un article du Figaroscope qui décernait à l'endroit la palme du meilleur burger parisien. 

Dans la salle du bas un comptoir, quelques snacks à acheter et si mes souvenirs sont bons, quelques chaises. Nous suivons la serveuse le long de l'étroit escalier qui nous conduit à l'étage où nous attend une table haute et des tabourets pas très confortables. J'essaie de me caler mais glisse et envie le groupe de 6 personnes affalé sur une banquette en face de moi. 

En attendant nous demandons une carafe d'eau à la serveuse qui s'enquiert de ce que nous souhaitons boire. Elle fait la moue et répète dédaigneusement, mauvais point. La table au complet nous commandons tous des burgers et une bouteille de vin. Une soirée privée semble avoir lieu dans la salle à côté où des filles au look bizarre (Reine d'Angleterre puis Morticia) vont et viennent. 

Nos burgers arrivent et nous découvrons avec étonnement qu'ils sont faits avec de la baguette (nous avions mal lu l'article qui le précisait pourtant)! 

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Déception, mais au moins la viande et les pommes de terres sautées au romarin sont bonnes et le vin aussi. Le service laisse franchement à désirer par contre. 

Côté dessert, 2 parts aléatoires de cheesecake et un brownie - glace banane pour moi. 

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La glace est vraiment bonne (d'habitude je n'aime pas les glaces) mais le brownie est sec, le mien est bien meilleur, sans me vanter! 

Conclusion: c'est bon certes, mais c'est pas un vrai burger! 

SCOOP
154 rue St Honoré
Paris 1er
01 42 60 31 84
         
par Moi publié dans : Emotions gustatives
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Mardi 26 février 2008
Samedi soir notre timing a fait que nous étions devant le Gaumont Opéra juste avant le début de la séance du dernier film des frères Cohen au sujet duquel Télérama indiquait: TTT "polar à la fois truculent, effrayant et mélancolique"

Après que les deux places jaillissent de la machine automatique, nous montons dans une petite salle déjà bien remplie. Le film s'ouvre sur un meurtre, continue sur des meurtres, puis d'autres encore et termine par un meurtre. Du début à la fin on prend la violence en pleine figure. Mélancolique? Truculent? Certainement pas. Effrayant, c'est indiscutable, absurde aussi. Ce recours continuel à la violence sanguinolente et bestiale ne sert pas le propos du film. Quelle que soit l'interprétation qu'on lui donne, quel que soit le sens voulu par les auteurs, il faut faire l'effort de se détacher de tout ce sang pour y parvenir. Je n'ai pas réussi, j'ai vu surtout des corps sans vie. 

Cette violence m'angoissait tellement qu'il était hors de question de partir sans voir la fin du film: je voulais voir "l'ange exterminateur" arrêté ou même tué (pas un happy end mais au moins de quoi dormir tranquille). En réalité il n'est même pas rattrapé et continue sa route. (Voilà, vous le savez, pas la peine de vous traumatiser en allant voir ce film horrible). Quelques minutes avant la fin, n'arrivant plus à supporter toute cette violence, j'ai éclaté en pleurs, ce qui ne m'arrive jamais. Trop de stress inutile. 

Pour voir de la violence, pas la peine d'aller au cinéma, il suffit de regarder le journal télévisé. D'ailleurs je ne comprends pas que ce film ait été si généreusement récompensé aux Oscars et encore moins que Javier Bardem (le psychopathe) ait eu le prix du meilleur second rôle: qui était le premier rôle si ce n'était pas lui? Bref tout ça est trop compliqué/intello pour moi. Merci Télérama...

Pour exagérer un peu je dirais qu'au cinéma je veux voir du soleil, des gens beaux, heureux ou qui le deviennent. Je n'ai pas envie de me confronter à la misère et aux malheurs du monde, j'ai le Monde diplomatique pour ça. Je veux y passer un bon moment, en ressortir de bonne humeur (et non pas avec la nausée) et pleine de bonnes idées. 
           
par Moi publié dans : Opéras et spectacles
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